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On l’avait découvert voici trios ans, au Centre culturel du Murais Cheveux de paille, sihouette élégante, il impressionnait par ses détentes, et sa rapidité d’exécution. Le voici qui revient avec une compagnie et fait figure d’outside parmi les choreographes de la jeune danse américane. Déjà, on peut dire que son passage à Paris aura été l’événement du seizième Festival international de danse. Douglas Dunn possede le don de bouger naturellement, de surprendre sans cesse par ses changements de rythme ou de direction, de communiquer au spectateur l’impression euphorique d’exister. Douglas Dunn a travaillé pendant cinq ans avec Merce Cunningham et, même s’il le récuse aujourd’hui – parce qu’il faut bien tuer le père pour s’affirmer, - il se révèle pen à peu comme le continuateur, l’héritier. Sa manière d’ordonner ou de subvertir les rapports entre les groupes de danseurs, de construire des phrases chorégraphiques et de les modeler, annonce un inventeur de formes. Dans Lazy Madge (1976), sorte d’inventaire gestuel, ses évolutions un peu mystérieuses, en contrepoint de celles des danseurs, donnent un sentiment de renouvellement infini. Coquina, une pièce recente, sécrète un climat magique grâce aux décors ponctuels de Charles Atlas et aux couleurs électriques des maillots. Douglas Dunn développe son ballet sur une musique de Robert Ashley, Idées pour une église, mais il ne se laisse pas emprisonner dans le procédé répétitif de la partition. La richesse de son langage est telle qu’elle confine au baroque.
Le Monde, Paris December 3, 1978
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